Déclarée le 15 mai 2026 dans la province de l'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), la 17ᵉ épidémie de Maladie à Virus Ebola que connaît le pays depuis 1976 se distingue par une propagation plus rapide que toute épidémie d'Ebola antérieurement documentée, par son caractère interprovincial et transfrontalier, et par la rareté de la souche en cause, le virus Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement homologué n'est disponible bien que quelques cas d’essais cliniques sont en cours . A ce jour,103ième jours après sa déclaration officielle, l'épidémie a déjà conquis six provinces du pays faisant 2744 décès, 770 patients en isolement/ Hospitalisation, 1269 patients guéris sur 5713 cas recensés, se propageant au-delà de la province de l'Ituri vers le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, Haut-Uéle, Bas-Uélé Tshopo, et jusqu'en Ouganda, pays voisin. Cette crise sanitaire survient dans un contexte régional marqué par des décennies de conflits armés, la présence de dizaines de groupes armés, des déplacements massifs de population et des attaques répétées contre les agents et les structures de santé. Mobilisant les cadres théoriques de la gestion des urgences de santé publique et de la coordination multi-acteurs, cet article propose une analyse systématique du rôle joué par les différentes catégories d'acteurs notamment les autorités nationales et provinciales congolaises, les organisations internationales, les partenaires techniques et financiers bilatéraux, les organisations non gouvernementales, les communautés locales et les tradipraticiens dans la riposte à cette épidémie, ainsi que des défis spécifiques que l'insécurité, la méfiance communautaire et la fragilité du système de santé font peser sur son contrôle effectif.