Le présent article expose les fondements de la théorie du relativisme communicationnel, élaborée à partir d'une enquête de terrain approfondie menée auprès de la communauté Luba du Kasaï (RDC) sur les perceptions intergénérationnelles de l'intelligence artificielle. Face aux limites des modèles communicationnels classiques (linéaires, universalistes, trop analytiques) pour rendre compte de la complexité des phénomènes observés – clivage générationnel, diversité des cadres de référence, productivité des malentendus –, cette contribution théorique propose un cadre intégrateur novateur. L'article déploie systématiquement les trois postulats fondamentaux de la théorie: la non universalité de l'interprétation, la co construction du sens et la productivité des malentendus. Il définit ensuite les concepts opératoires qui en découlent: cadre de référence, distance interprétative, résonance, isotopie culturelle et polyphonie. Les six axiomes de la théorie sont énoncés, suivis des six hypothèses opérationnelles assorties de leurs indicateurs mesurables (Indice de Résonance Contextuelle, Distance Interprétative Moyenne, Taux de Malentendu Productif, Score de Polyphonie, Seuil de Dissonance Tolérable). Enfin, un modèle conceptuel intégrant entrées, processus et sorties est proposé pour représenter la dynamique communicationnelle selon cette perspective. La théorie s'ancre également dans le répertoire des savoirs ancestraux Luba, dont les proverbes, rites initiatiques et modes de transmission orale valident et illustrent ses principes. Le relativisme communicationnel se présente ainsi comme une contribution aux débats contemporains sur la communication interculturelle, la décolonisation numérique et la conception d'IA situées et inclusives.